ECOSEN, une aure façon de voyager...
     
22.10.2009 09:28:26
Ecosen DJaM

ECOSEN DJaM : Comment t’appelles-tu ?

Seynabou Ndong : Je m’appelle Seynabou Ndong.

E. D. : Depuis quand fais-tu parti du GIE ? De quel groupe fais-tu parti ?

S. N. : Je fais parti du NQEL JAB depuis sa création et je suis présidente du NQEL JAB/ mBin Niar depuis 2005.

Tourisme solidaire au Sénégal

E. D. : Comment a été créé ton groupe ? Comment avez-vous pu commencer vos activités ?

S. N. : Avant 1999 (création du GIE), je faisais du petit commerce de henné avec mon mari. Au début, avec d’autres femmes, nous avons cotisé 100 F par semaine. Grâce à ces cotisations, nous avons formé le groupe et nous avons eu un livret.
Nous avons commencé par des activités de petit commerce et d’embouche. Nous avons fait une fois du maraichage (tomates et oignons) mais nous avons du arrêter à cause de manque d’eau, d’argent et de clôtures (pour empêcher les animaux de manger les récoltes).

E. D. : Peux-tu me décrire les activités de ton groupe ?

S. N. : Actuellement, je m’occupe du poulailler. Grâce au microcrédit, avec les autres femmes, nous achetons aussi du bétail et des marchandises que nous revendons.
Nous sommes aujourd’hui environ 40 membres dans le groupe.
Nous avons aussi écoulé deux productions de volailles depuis la création du poulailler.

Tourisme solidaire au Sénégal

E. D. : Quel est ton rôle au sein de ton groupe ? En quoi consiste-t-il ?

S. N. : J’ai été élue présidente de notre groupe en 2005. Mon rôle consiste de faire savoir et rappeler aux autres membres que l’argent c’est celui de la banque et que quand tu le prends, il faut savoir le rembourser.
Je contrôle les autres et je les incite à participer activement au groupe en montrant les avantages.
Je les appelle aussi pour le recouvrement (les remboursements) et essaie de leur montrer l’importance et les changements que le groupe apporte (surtout au niveau du recouvrement).

E. D. : Quelles sont les principales difficultés que tu rencontres au quotidien ?

S. N. : Le principal problème est l’eau : nous avons nos propres terres mais nous n’avons pas de canaux hydrauliques pour amener l’eau. Sinon, toutes les femmes ici pourraient faire du maraichage.
Un autre problème que nous rencontrons est l‘éclairage : le pétrole et la bougie coûtent chers. L’éclairage avec le soleil serait une bonne chose pour nous.
Un moulin à mil nous permettrait également de faciliter notre travail quotidien : le mil est un travail très difficile : chaque semaine, chaque carré de famille doit piler le mil et ce sont les femmes qui le font. Il faut le piler à 3 reprises pour avoir du bon mil et le faire en quantité suffisante pour la semaine. Une machine pourrait faire de 100 à 200 kilos de mile par semaine.

Tourisme solidaire au Sénégal

E. D. : J’ai entendu que vous aviez gagné un prix, peux-tu me raconter quel prix et pourquoi ?

S. N. : Nous avons gagné un prix au Crédit Mutuel de Ndiaganiao car la banque a vu que nous étions sérieuses.
En récompense, nous avons été invitées et sommes parties assister à la fête des 20 ans du Crédit Mutuel à Dakar.
Nous avons également pu faire un crédit grâce à une convention. Ce crédit autorisé grâce au prix pouvait être supérieur à celui que nous pouvons normalement faire avec notre capital.
Nous avons signé cette convention qui nous a permis d’avoir un crédit d’1,5 millions de Francs CFA.

E. D. : Qu’est que cela vous a apporté ?

S. N. : Avec cet argent, nous avons décidé ensemble de faire du petit commerce et de l’embouche.
Le petit commerce, l’embouche et le maraichage sont les activités qui fonctionnent le plus.

E. D. : Quelles sont les principaux changements que tu as pu remarquer depuis la création du GIE ?

S. N. : Cela a beaucoup changé, car, à part les travaux pendant la période d’hivernage, nous n’avions pas d’activités le restant de l’année.
Ma vie est mieux maintenant, pour les autres aussi : nous avons plus d’activité, donc plus de revenu, donc plus à manger.
A côté de nos activités de microcrédit et de poulailler, nous avons aussi le projet d’accueil des voyageurs ECOSEN.
Nous avons aussi pu avoir des greniers à mil grâce à de l’argent envoyé par le groupe Teranga. Cet argent a ensuite été distribué pour que chaque groupe créé un endroit pour stocker le mil avec un gérant. Nous avons acheté du mil, puis attendu pour le revendre plus cher.

Tourisme solidaire au Sénégal

E. D. : Que penses-tu d’ECOSEN et de son partenariat avec le GIE NQEL JAB ?

S. N. : Je pense que ce partenariat est une bonne chose. Nous souhaitons que cela aille loin.
Nous attendons une aide concrète dans nos difficultés quotidiennes (eau, mil, argent…), quelque chose de concret de la part d’ECOSEN.

E. D. : Trouves-tu que la venue de voyageurs au village est favorable pour le développement du village ?

S. N. : Nous sommes content de la visite des voyageurs et qui sont des gens qui s’intéressent à nous. Je crois que c’est un moyen de développement pour le village.
Pour améliorer notre accueil, nous aurions besoin de matériel ménager (marmite, bol, chaise, bâche…), du matériel de musique et des chaises, car nous sommes obligés de louer cela pour chaque manifestation. (ex : une chaise = 100 F CFA)
Nous ne considérons pas les voyageurs comme des touristes mais comme des gens de la famille. Nous voudrions habiller chaque femme qui vient ici correctement mais notre caisse ne nous le permet pas.

E. D. : Que pouvez-vous souhaitez pour l’avenir de nos organisations ?

S. N. : Je prie pour que Dieu préserve l’unité de nos deux organisations.

 



  ecosen | ecosen djam | développement | micro-crédit | GIE NQEL JAB
 

Reply this post
Username:

E-mail:

  Enter text shown in left: